EXPERTISE : LES EFFETS DES ETHERS DE GLYCOL 26 octobre 1999 |
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ETHERS DE GLYCOL A la demande des Ministères de l’emploi et de la solidarité, et de l’aménagement du territoire et de l’environnement, l’INSERM a mené une expertise collective concernant les effets des éthers de glycol sur la santé. Elle est aujourd’hui achevée et ses résultats ont été rendus publics par l’INSERM, le 21 octobre. Les éthers de glycols sont utilisés en tant que solvants dans de nombreuses préparations à usage industriel et domestique (peintures, vernis, encres, colles, produits ménagers, cosmétiques et pharmaceutiques…). La consommation française est de 30 000 tonnes par an. Il existe plus de 30 éthers de glycol répartis en deux grandes familles : les dérivés de l’éthylène glycol et les dérivés du propylène glycol. Les données expérimentales chez l’animal mettent en évidence des effets toxiques de certains éthers de glycol, notamment ceux dérivés de l’éthylène glycol. L’expertise confirme la toxicité pour la reproduction des deux éthers et leurs acétates qui font déjà l’objet d’une interdiction de mise sur le marché à usage du grand public, d’une interdiction dans les cosmétiques et dans les médicaments. Pour 9 éthers de glycol, l’expertise met en lumière la nécessité d’une révision de la classification en matière de danger pour tenir compte des données récentes sur la toxicité. Pour une quinzaine d’autres enfin, les informations scientifiques sont aujourd’hui lacunaires. Des mesures ont déjà été engagées par les pouvoirs publics et d’autres vont les compléter. PROTECTION DE LA POPULATION D’ores et déjà, toutes les substances avérées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction sont systématiquement interdites dans les produits à usage du grand public. Dans le domaine des cosmétiques et des médicaments, et au delà des deux éthers de glycol et de leurs acétates déjà interdits, l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé a d’ores et déjà engagé une évaluation des risques pour les autres éthers de glycol et prendra les mesures d’interdiction complémentaires qu’appelleraient les conclusions de cette évaluation. PROTECTION DES TRAVAILLEURS - La réglementation protégeant les travailleurs sera renforcée à l’égard de tous les agents chimiques reconnus toxiques pour la reproduction. Quant aux éthers eux-mêmes, leur utilisation sera limitée au strict nécessaire et rigoureusement encadrée en milieu professionnel, en s’appuyant sur une application stricte du principe de substitution, une extension de la protection par système clos et une surveillance médicale renforcée. - La femme enceinte et l’enfant à naître doivent être protégés de l’action de certaines substances chimiques dangereuses. L’accès aux postes de travail exposés à toute substance classée " toxique pour la reproduction " sera systématiquement interdit aux femmes enceintes. Un texte réglementaire sera pris à cet effet. REVISION DE LA CLASSIFICATION ET DEVELOPPEMENT DE L’EVALUATION DES RISQUES Les résultats de l’expertise conduisent les ministères chargés de l’environnement, du travail et de la santé à engager des actions complémentaires dans le cadre du règlement communautaire sur les substances existantes : proposition d’évaluation toxicologique et écotoxicologique par la France des risques de deux éthers de glycols et leurs acétates couramment utilisés. demande d’un examen communautaire, en vue d’une classification si nécessaire, des éthers de glycol non encore classés et pour lesquels les rapports d’essais relatifs aux effets mutagènes, cancérogènes ou toxiques pour la reproduction sont disponibles. demande de réalisation par les industriels concernés d’essais de mutagénicité, cancérogénicité et toxicité pour la reproduction. Ces essais devront être représentatifs des différentes familles d’éthers de glycol mis sur le marché en Europe pour un usage grand public (notamment cosmétique) ou un usage industriel en tant que solvant. Enfin, devant le tableau trop fragmentaire des données scientifiques, à la demande des Ministères, seront engagées de nouvelles enquêtes épidémiologiques, notamment sous l’égide de l’Institut de veille sanitaire. - Concernant les risques pour l ‘environnement, deux éthers de glycol : DGEME et DEGBE évalués récemment ne se sont pas révélés préoccupants, l’évaluation complémentaire de deux autres éthers et de leurs acétates proposés par la France complétera les connaissances en la matière qui sont actuellement trop limitées. INSERM-Communiqué du ministère de l'écologie et de l'environement durable France |